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Infertilité, douleurs, guérison… Toutes les idées reçues sur l’endométriose 

Les idées reçues sur l’endométriose sont nombreuses et sont parfois à l’origine d’inquiétude pour les femmes. Si certaines sont avérées, d’autres sont infondées et ne devraient pas vous alerter. Découvrez sans plus tarder les différentes idées reçues sur l’endométriose. 

Idée reçue n°1 : Il est normal que les règles soient douloureuses1 

Ce n’est pas nécessairement vrai. En effet, les règles douloureuses (dysménorrhées) sont le premier symptôme de l’endométriose. Généralement, on dit que si les douleurs de règles ne cessent pas à la prise d’un antalgique, il est nécessaire de consulter un(e) spécialiste de santé. Cette idée que les douleurs liées aux règles sont normales est malheureusement solidement ancrée dans l’imaginaire collectif, et il est possible que votre médecin ne les prenne pas assez au sérieux. Si c’est le cas, n’hésitez pas à solliciter un deuxième avis.  

À noter que les règles douloureuses ne sont pas le seul symptôme de l’endométriose

Idée reçue n°2 : La grossesse guérit l'endométriose 

C’est faux. La grossesse ne guérit pas l’endométriose. Elle permet parfois d’atténuer les douleurs pendant quelques mois. Cependant, à la fin de la grossesse et à la reprise du cycle, les douleurs et les autres symptômes peuvent réapparaître. Dire que la grossesse « guérit » l’endométriose est donc faux : en supprimant de fait les règles de la conception à l’accouchement, elle en annule les symptômes durant quelques mois. 

Idée reçue n°3 : L'endométriose est héréditaire1 

L’endométriose n’est pas toujours héréditaire. Si certaines endométrioses se transmettent bel et bien, cela ne veut pas dire qu’une jeune fille dont la mère est atteinte d’endométriose en sera obligatoirement atteinte. L’aspect héréditaire entre en compte dans le développement de l’endométriose mais il n’est pas le seul : on pense aujourd’hui que les perturbateurs endocriniens pourraient aussi jouer un rôle. 

Idée reçue n°4 : Plus je souffre pendant mes règles, plus l'endométriose est développée2 

Autre idée reçue sur l’endométriose. Il n’existe pas de corrélation entre le niveau de douleur ressenti pendant les règles et le stade de l’endométriose. De la même façon, une femme qui ne ressent aucune douleur pendant ses règles peut également être atteinte d’endométriose. 

Idée reçue n°5 : L'endométriose rend infertile 

Bien que la maladie soit la première cause d’infertilité chez la femme, endométriose ne rime heureusement pas toujours avec infertilité. En effet, pour 80 % des patientes traitées correctement, une grossesse pourra avoir lieu, que ce soit naturellement ou par procréation médicalement assistée1

Mais alors, comment expliquer l’infertilité des femmes atteintes d’endométriose ? Si on ne détient pas encore toutes les réponses à cette question, on peut cependant avancer que, dans le cas de kystes ovariens, ceux-ci créeraient une sorte de barrière qui aurait un impact négatif sur la fertilité. 

Idée reçue n°6 : Le diagnostic de l’endométriose est simple 

C’est faux. Diagnostiquer l’endométriose n’est pas simple. On estime qu’il y a généralement 6 à 10 ans entre l’apparition des symptômes d’endométriose et le diagnostic de la maladie2. La maladie est complexe et peut prendre des formes multiples. Dans un premier temps, il est nécessaire d’effectuer un entretien précis avec un(e) spécialiste (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme) qui pourra, en fonction de vos réponses à ses questions, déterminer vers quel examen vous orienter (échographie, IRM, etc.). 

Idée reçue n°7 : Les traitements hormonaux ne sont pas souhaitables 

Faux. Prendre la pilule en continu est le traitement de première intention pour soulager les femmes atteintes d’endométriose2. En effet, la prise de la pilule en continu provoque une disparition des règles (aménorrhée) et permet donc une réduction des douleurs et, dans la plupart des cas, un ralentissement de l’évolution des lésions. Dans certains cas, il faut faire appel à d’autres traitements. Il est important de se faire suivre régulièrement, notamment si les symptômes persistent ou réapparaissent.  

Idée reçue n°8 : Il existe des traitements curatifs contre l'endométriose 

C’est une idée reçue : il n’existe à ce jour aucun traitement permettant de guérir l’endométriose3. Cependant, les symptômes douloureux de l’endométriose peuvent être atténués et l’évolution de la maladie ralentie, notamment par la prise de la pilule en continu ou d’analogues de la Gn-RH (qui créent chez la patiente une ménopause artificielle). 

Dans l’idéal, la prescription doit être établie à la suite d’un entretien approfondi entre la patiente et le spécialiste de santé et d’examens adaptés, notamment pour les jeunes adolescentes. Cette prescription peut permettre de ralentir l’évolution de la maladie et diminuer les douleurs ressenties par les femmes. Le traitement doit être associé à un suivi régulier par un(e) professionnel(le) de santé. Là encore, chaque femme ou jeune fille réagit différemment aux traitements et il est nécessaire de trouver la solution qui convient le mieux à chaque patiente. 

Dans le cas de certaines lésions spécifiques, il faut parfois avoir recours à la chirurgie (cœlioscopie). Cette opération permet d’éliminer les lésions d’endométriose dont souffre la patiente et ainsi d’améliorer sa qualité de vie. L’opération doit être réfléchie et n’avoir lieu que si les expert(e)s de l’endométriose la jugent réellement utile. En effet, des complications peuvent survenir pendant et après l’opération. À la suite de la chirurgie, un traitement hormonal peut être prescrit à la patiente pour faire diminuer le risque de récidive de la maladie. 

Idée reçue n°9 : L'endométriose ne touche que les adultes1 

L’endométriose ne touche pas que les femmes adultes. Cette maladie peut également se manifester plus tôt, à la puberté. Le diagnostic de l’endométriose peut être plus compliqué à cette période de la vie des jeunes filles étant donné que certains des symptômes, comme les douleurs pendant les rapports sexuels, peuvent être perçus comme normaux. 

Idée reçue n°10 : L'endométriose ne peut pas être responsable de douleurs lors des rapports sexuels 

C’est faux. On estime que 30 à 70 % des femmes atteintes d’endométriose ont des rapports sexuels douloureux (dyspareunies)4

Vous voulez en savoir plus sur les différents types d’endométriose ? C’est ici.  

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la FRE

Sources : 

1https://www.info-endometriose.fr/endometriose-une-campagne-nationale-pour-mieux-connaitre-la-maladie/  

2https://www.info-endometriose.fr/lendometriose-cest-quoi/faq/ 

3https://www.info-endometriose.fr/lendometriose-cest-quoi/les-traitements/  

4https://www.info-endometriose.fr/lendometriose-cest-quoi/les-symptomes/  

Pour aller plus loin, consultez les ressources suivantes :  

https://www.fondation-endometriose.org/  

https://www.inserm.fr/dossier/endometriose/